TAM-TAM… TAM… MAT… MATTHIEU et inversement

Matthieu est le plus beau, le plus merveilleux, le plus gentil, le plus… ah je ne suis pas impartiale. Matthieu était mon fils.

Matthieu est né le 25 août 1979. Il est décédé le 10 novembre 2003.

C’est après son décès que s’est imposé à moi la nécessité d’agir pour, dans un premier temps, « l’eau potable en Afrique ». Il avait fallu du temps, l’acceptation d’autres grands bouleversements dont j’apporte le témoignage dans mon premier livre « Au revoir ma petite maman » pour que je comprenne que l’Afrique, et surtout le Cameroun, faisait partie de ma « nouvelle » vie…

Matthieu a toujours été un garçon gentil, ça c’est vrai. Beau, dedans comme dehors, c’est vrai aussi. Mais comme moi avant son départ, il n’avait jamais mis les pieds en Afrique et ne s’était jamais investi dans une association humanitaire. Mais il y a bien d’autres façons d’aider. Plus discrètes mais pas moins importantes.

Je me souviens par exemple, d’une histoire forte qu’il avait vécue alors qu’il était encore au Lycée de formation professionnelle pour devenir cuisinier. Un de ses copains très largement en surpoids, était rejeté de tout le groupe… Matthieu avait aidé ce copain à se faire prendre en charge médicalement pour traiter un problème grave de peau… Dans le même collège il avait tenu dans ses bras un autre ami décédant d’une overdose…

Plus tard à Paris, il n’a pas du manquer d’intervenir dans d’autres situations aussi graves. Mais Matthieu était secret. Il cachait profondément des blessures de son enfance. Ma mémoire doit être sélective. Je ne voudrais me souvenir que de son rire, que de ses blagues. De quelques grandes colères aussi…

Bref, si Matthieu ne m’avait pas montré le chemin, me serai-je un jour consacrée à cette mission d’aide en Afrique ? Certainement non, en tout cas, c’est ainsi que cela s’est fait. Et le nom, même si de nombreuses autres associations portent le même…., m’a été inspiré par son prénom MAT en verlan TAM… TAM-TAM