HISTORIQUE

« Donne un poisson un jour à un chinois, il  mangera un jour. Donne lui une canne à pêche il mangera toujours » célèbre citation de Confucius mais aussi « Ils s’aiment, ils sèment » ou encore « tamtam, tu les entends maman les tamtams pour l’Afrique » (deux extraits de mon premier livre Au revoir ma petite maman*), sont des phrases qui m’inspirent depuis le début de mon engagement pour l’association tamtam.

C’est le 4 décembre 2005, jour de mon anniversaire, que les bases de l’association ont été posées. Un groupe d’ami(e)s accepte de créer avec moi cette association d’aide pour le Cameroun, mission que je souhaite accomplir suite au décès de mon fils unique Matthieu.

Toutefois les uns et les autres me préviennent : si ils s’engagent à mes côtés c’est uniquement pour satisfaire à la partie administrative et non pour être actifs. Je devrai seule, mener les actions nécessaires. Je n’ai pas encore conscience à cette époque de ce que cela représente.

J’ai malheureusement de nombreux problèmes personnels et professionnels qui m’empêchent d’être active dans l’association comme je le voudrais. Mon entreprise est mise en faillite en fin d’année 2008 et dans la foulée, je suis mise en faillite personnelle ! Si je dispose de temps, comment faire maintenant dans cette situation ?

L’année 2009 est disons, une année transitoire. Bien qu’ayant retrouvé du travail, un logement aussi, je n’ai plus de forces, plus de motivation et je ne sais plus à quoi ça me sert d’être en vie….

En début d’année 2010, une amie passe me voir, me trouve au plus bas moralement et me secoue. Elle me met en rapport avec l’organisatrice d’un grand salon à Paris. Elle accepte que j’y participe pour présenter mon témoignage et que je vende mon livre*. L’accueil des dizaines de personnes qui écoutent mon histoire me redonne courage et espoir. Au cours de cette année 2010, je me mets à donner quelques conférences. L’une à l’automne dans les Ardennes, ma région d’origine. Le journal local y consacre un bel article exposant mes projets pour le Cameroun et tout particulièrement LE BELIER HYDRAULIQUE. A cette époque je me focalise en effet sur l’alimentation en eau.

Suite à cet article je suis contactée par Léopoldine, une ardennaise d’origine camerounaise. Avec son mari, elle a créé à Souza, petite ville aux environs de Douala, un pensionnat et les problèmes d’eau y sont récurrents. Elle me propose d’accompagner un groupe de bénévoles qu’elle y emmène au printemps prochain. Malgré les problèmes à résoudre pour financer et organiser ce voyage*, je rejoins Léopoldine début Mars 2011 à Souza.

La réalité est dure a vivre. Les problèmes d’alimentation en eau sont en effet énormes mais je suis bien démunie pour y faire face. Je n’ai ni compétences ni moyens à mettre en oeuvre et je ne trouve pas sur place le soutien dont j’aurais besoin. Par contre je suis sollicitée par des jeunes filles mères qui me demandent de les aider « à trouver du travail ».

Je consacre une grande partie de mon temps à organiser un atelier de formation en couture pour ces jeunes filles. J’établis un planning, un règlement et je finance avec Léopoldine les premiers mois de formation. Grosse erreur car dès que je repars en France, le but de l’association Tamtam du Cameroun est détourné et les mamans qui s’étaient montrées si coopératives, font bénéficier leurs propres filles des finances que je fais parvenir. Quelle déception quand je l’apprends ! Tout est abandonné.

D’autres événements personnels me font encore perdre du temps. Je n’avance plus à nouveau pendant un certain temps, je suis tellement découragée. Je rencontre pourtant au cours d’un autre de mes voyages une association sur place « Mère et enfants ». Je visite avec eux des maternités, des hôpitaux. J’apprends les détails terribles de l’accident de cette petite fille, les jambes écrasées et souffrant d’un traumatisme crânien. De retour à Villers-Cotterêts (02) où je vis à l’époque, je ramasse des dizaines de béquilles et je les emmène au cours du voyage suivant.

Mais une fois encore, ce que j’avais espéré pouvoir être un partenariat efficace se révèle décevant. « On » attend surtout que j’envoie de l’argent mais visiblement sans réel objectif et réalisation sur place. Retour au point de départ.

Et puis je fais connaissance de Madame M. Elle m’épaule sur place pour me mettre en rapport avec l’orphelinat de Dibombari, l’école, l’hôpital. Je rencontre les femmes auxquelles je souhaite remettre des semences et les aider peut-être à plus d’autonomie. C’est sans se souvenir des circuits qu’il faut respecter et des différents « cadeaux » qu’il faut remettre à celui qui donnera le feu vert aux femmes pour semer. Je ne paie pas. Elle ne seront pas autorisées à semer !

Je refuse d’entrer dans le projet de création de commerce des productions agricoles de ces femmes mais qui ne leur apportera qu’un surplus de travail sans le partage des bénéfices. Déception encore.

Un peu plus tard, au cours du voyage qu’il effectue pour les obsèques de sa maman, j’ai chargé Serge mon mari*, d’apporter du matériel et des vivres à l’orphelinat de Dibombari. Le pasteur refuse de le laisser entrer, de prendre ce qu’il amène pour les enfants. Que s’est-il passé ? ? il refuse tout venant de moi et refuse d’expliquer son choix !

Le temps passe. Je n’avance toujours pas me semble-t-il. Il est vrai que ma vie privée a pris un sacré virage. Et le 16 février 2017, j’accueille enfin en France, Ernest, rencontré au Cameroun en 2011 alors qu’il n’avait pas deux ans… Son installation, l’école, la nouvelle organisation, tout cela prend quelques mois d’adaptation réciproque.

En début d’année 2018, faisant le point sur tous ces bouleversements et constatant que cette fois, tout roule, je comprends que non seulement la rencontre avec cet enfant faisait partie de cette mission que je me suis choisie vis à vis de l’Afrique, mais que maintenant je suis prête et totalement disponible pour réveiller l’association.

Mes résolutions pour la nouvelle année sont claires : 2018 sera l’année du renouveau de l’association tamtam.

Et depuis janvier, tout s’enchaîne dans ce sens. Raisonnablement je fixe à Mars 2019, la date de mon prochain voyage. Et je constate que viennent à  moi des demandes concernant mes besoins, autant financiers qu’humains, des demandes pour m’y accompagner, on me demande où je veux aller, ce que je veux y faire. Je prends contact avec Véronique, une amie française vivant désormais à Douala*, et un ami camerounais Ebény. Ce dernier me met en relation avec un orphelinat particulièrement pauvre à Edéa, située entre Douala et Yaoundé.

De premiers dons arrivent, j’organise une réunion chez moi le dimanche 15 juillet pour modifier le bureau de l’association, adapter s’il le faut les statuts. Anna (lire le billet spécial) sera là mais aussi Catherine de Senlis, Anne de Reims. Je recontacte Annie bénévole dans une autre association pour l’Afrique. Rencontrée dans un tout autre cadre, on avait sympathisé et elle m’avait proposé son aide. Je lance une vidéo en direct sur Facebook, soirée que j’appelle « on s’en foot, soirée supporters », on est en pleine coupe du monde.  Mais mes supporters répondent présents et quelques jours après, j’envoie à Ebény de quoi réaliser une première tranche d’achat de lits comme demandé par Soeur Catherine, la responsable de l’orphelinat.

 

 

J’ai rencontré aussi il y a quelques semaines Nicolas Herlin. Passionné par l’humain, il réalise en quelques jours – et malgré mes fréquents « je n’y comprends rien, je te laisse faire »- ce superbe site sur lequel vous pourrez suivre désormais la suite de cette merveilleuse aventure . Lecture qui je l’espère vous donnera envie de me soutenir dans les projets de l’association tam-tam. Merci

 

*A lire Au revoir ma petite maman et Merci ma petite maman. Auto-édités et distribués uniquement par Brigitte Reitz – Utilisez le formulaire de contact ou voir le blog www.petitemaman.com